Compte-rendu atelier écriture

Vendredi 16 novembre 2018, une dizaine de participants étaient réunis pour un atelier d'écriture animé par Marie-Pascale Saillet en lien avec l'exposition You should only have eyes for me.

1ère consigne : à partir d'une photo d'identité d'un homme ou d'une femme, imaginer en quelques mots les noms, prénoms, activités et voyages de cette personne.

" George, il s’appelle George Desnoyer. Il ne peut avoir que ce nom-là. Son visage buriné est marqué par le temps. Pour lui le ½ siècle est largement dépassé. L’homme est noueux, taiseux. Il aime la montagne, la mer et les fruits secs réhydratés. George est grand et fin. Il est long comme un jour qui ne connaît pas de pain. Lorsqu’il voyage, ses destinations sont exclusives. Il visite des pays chauds ou mieux encore des pays humides et tropicaux. L’homme est solitaire et n’est accompagné que d’une écharpe soyeuse protégeant un cou fragile. Les temps pluvieux le voient recouvert d’un cache-nez. Sa chemise, il l’a porte ouverte en été sur un torse osseux et glabre. George vit de la terre et de ce qu’elle produit. Il n’est pas sédentaire et ses emplois sont saisonniers. Emporté d’un lieu à un autre par un vent très intérieur. Son meilleur ami est un fidèle « quatre pattes ». Le chien se prénomme Garibaldi pour la cause. Ses oreilles balaient le sol lorsqu’il suit son humain-maître. Leur vie s’écoule lente et sourde." Natacha Dubois-Dauphin

" Cet homme est dangereux… ? ...

Gilbert Revillard est menuisier, originaire d’un village des Alpes du sud à quelques kilomètres de B….. Depuis plusieurs jours nul ne l’a revu chez lui, pas plus au chalet qu’à l’atelier. Il n’a pas disparu, il se cache. Représentant un désordre que d’autres ne sauraient tolérer et admettre, il est actuellement recherché par plusieurs brigades de gendarmerie. Gilbert Revillard, cinquante-deux ans, est un homme de la montagne. Il y est né et y vit depuis. Il l’aime et la parcourt en tous sens et en toutes saisons, à pied, en «peau de phoque », en raquettes.  Il l’admire au point de vouloir la faire découvrir et apprécier. Egalement guide, nombre de citadins lui doivent des moments forts et intenses au cours des randonnées qu’il organise lorsque son travail lui en laisse le temps. C’est seul, une fin de journée de janvier, alors qu’il redescendait d’un col frontière entre l’Italie et la France, qu’il perçut une plainte venant du fossé en contrebas du chemin enneigé qui le ramenait au hameau des Grottes. La pente était escarpée, les traces dans la neige n’avaient rien de celles qu’un animal aurait laissé. C’est ce qui alerta Gilbert Revillard plus que les gémissements qui d’ailleurs s’étaient tus. Posant le sac, s’accrochant aux quelques arbustes rencontrés dans la descente, il faillit, dans son élan, marcher sur un corps à peine visible, coincé contre un rocher. Lorsqu’il racontera sa découverte, Gilbert Revillard dira que le plus pénible ne fut pas de remonter l’homme sur le chemin mais de l’avoir trouvé là, dans cet état. Là, dans une montagne où il est pour son plaisir et son bonheur de vivre, que d’autres traversent pour échapper à la misère, la guerre et rencontrer la mort.  Pas toujours ; le jeune homme que Gilbert parvint à ramener au village était mal en point mais vivant. Plus tard on a  dû l’amputer d’un pied et de quelques doigts. Il s’en tire bien de l’avis d’un toubib de l’hôpital habitué à pire en pareille situation. Qui pour offrir la liberté à un inconnu est prêt à sacrifier la sienne et se mettre en danger ?  Lui et quelques autres… Peu après, convoqué à la gendarmerie de B….., il refusa de s’y rendre. Il abandonna la vie qu’il s’était choisi pour celle plus hasardeuse d’un clandestin. « Pour aider l’un d’eux je le suis devenu » ironise-t-il devant ceux qui le protègent.  Dangereux Gilbert Revillard… ? … Il donne force et vie à un mot que d’autres ne veulent ou ne peuvent comprendre : Humanité. Suivies d’interrogatoires, les perquisitions récentes dans l’appartement de sa compagne, la ferme de ses parents, les domiciles de ses amis, n’ont pas permis de localiser Gilbert Revillard." Dédel

" Homme, 53 ans, aimant lire, se balader, voyager dans les pays du Nord (préférence pour la Suède), regarder des films en noir et blanc, possédant un chat nommé Pitou, aime se faire gratter derrière l'oreille gauche, et travaillant dans une entreprise de fabrication et d'assemblage d'éoliennes, cherche auteur d'un jour pour deviner son identité." Vanessa

2ème consigne : L'œuvre présentée dans la grande salle au rdc s'intitule b0mb, écrire un texte qui parle de la bombe.

" Un Pshitt champignoneux et elle nettoie. Tout. Tout est propre. Efficace et sans état d’âme, le monde s’en trouve décapé net. Ceux qui l’ont conçue ont vécu terrés dans des endroits secrets. Au top, secret et défense. Ceux qui l’ont conçue disent que ce n’est rien. Que ce n’est pas grand chose. Juste un peu d’énergie. Pas tant, pas trop, pas plus que toute celle contenue dans un bien inoffensif litre de lait. Ils précisent que celui qu’il faut craindre, le vrai, le fort, c’est notre bon soleil qui nous radioactive en nous bronzant. Et tant pis ! Puisque tôt ou tard la géante rouge nous aspirera, il vaut mieux récurer propre et net dès aujourd’hui. Repartir sur des bases saines, reconstruites à l’infini par le gêne ADN réparateur dont seuls le rat et le bouleau sont pourvus." Natacha Dubois-Dauphin

" C’était une bombe, une bombe atomique qui savait mover son corps comme personne. Elle enflammait le dance floor et tout le monde n’avait d’yeux que pour elle. Sur le rythme des basses et des sirènes, elle oubliait les bombes qu’elle avait lancées l’après-midi même. Ces préservatifs gonflés à l’hélium auxquels elle accrochait des petits sachets d’explosifs. C’étaient ses armes artisanales à elle, lancées vers la frontière comme un message ou un espoir." Aurélie Menaldo

" A      H

 

Thermonucléaire    Thermobarique    

              Plutonium    Uranium     Hydrogène

                                 Chimique      Incendiaire     Neutrons 

                                                 Fragmentation   Phosphore    Napalm

                                                                    Téléguidée     Sous-munitions   Artisanale

 

En chapelet  boum boum boum boum boum boum boum boum  Booooooummmmm

 

Avant

ici

une maison

 

Ni grande ni belle

 

Une maison

comme les autres

 

Quatre murs

un toit

 

Suffisant

pour loger une famille

et vivre

 

Aujourd’hui

plus rien

 

Si

un trou

 

Avant

ici

une maison

maintenant un trou

 

Pourquoi

Je l’ignore

 

Eux

le savent-ils

pourquoi

ils font des trous avec les maisons" Dédel

 

 

 

" Brillante, brûlante lumière aveuglante

Oclusion du ciel par champignon grandissant

Moisson des Dieux qui se rit des humains

Bombe atomique brisant vie terrestre... "             Marie-Pascale Saillet

 

" Boum Boum Big Bang

Origine terrestre, planétaire univers

Moisson cosmique, traîne stellaire

Bombe, beauté, béatitude infinie ... FIN  "                Marie-Pascale Saillet

 

" C'est une technique bien précise qui consiste à rassembler ses membres et entourer avec ses bras ses genous pour former une masse qui va frapper la surface de l'eau violemment et tomber au fond de la piscine. L'impact va projeter des millions de goutters tout autour et mouiller les filles qui bronzent et les copains qui attendent leur tour pour sauter et faire la bombe la plus puissante possible. Il arrive parfois que le maillot de bain, à cause du choc, rentrer dans les fesses ou se baisse et on assiste alors à ce petit geste si élégant de remise de slip correctement sur ses deux fesses." Vanessa

 

3ème consigne : A la vue du film " A Truly Shared Love " sans le son, écrire/décrire les images qui défilent.

"Lui son sourire le vent caressant — voile léger. Assoupi. Je te regarde. Le chat ronronne, sur l’écran vert mon doigt complice. Soirée en perspective — un bon vin est débouché. Café turc et son marc inexorablement coincé entre les dents. Aménagement — caresses, souci, au travail, en couple. Je te regarde par la porte vitrée. Je t’aime et te veux. Je t’embrasse : deux doigts sur un fond vert — Au lit. Le chat ronronne — défilement. Souris roux enfumé et satin noir déshabillé. Le mail annonce la pluie la tristesse. Retrouvailles — danse sur un rythme hypnotique. Selfie. Je t’écris à retardement BOUM ! Je te vois, tu me vois. Jusqu’au fond des yeux, jamais tu ne sauras ce que je pense." Natacha Dubois-Dauphin

" hello muet

doux

allez au lit miaou

zoom sur ton clic

un homme, une femme, un iphone

quoi de plus banal

je zappe, déplace, bouge, touche

concentrés

mur sourire lumineux

blasé

miaou encore

qu'est-ce que c'est lent ! tout est ralenti. c'est pas la braie vie.

GAME OVER" Vanessa

 

4ème consigne : Devant l'installation "Fireplace", écrire au coin du feu (silence, écoute, calme). Que vous inspire cette installation (bruits, éclairages, images)?

" L’âtre est rougeoyant, les bûches incandescentes crépitent. Rouge la flamme lèche, le chalet comme un doux cocon de braises… Et PAF ! Une étincelle s’échappe cramant la peau de bête étendue sur les larges lattes en bois. Un trou fumant. Dans les poils. Au coin du feu. La bête grimace, elle frémit, fait grincer ses incisives. Douleur. Prête à bondir. Aïe. Par la fenêtre le froid mord, qui bleuit l’atmosphère." Natacha Dubois-Dauphin

" Au coin du feu, j’ai brûlé mes cheveux. Ça sent le cochon grillé et ma peau colle à la fonte. Sur l’écran j’ai perdu mes yeux, sur la flamme je m’enfume. Captivée par le craquement de mes os, je sens le bois en cendre. Blanche, elle se détache et ses volutes réchauffent la chair froide. Je touche la moquette charbonneuse et enfonce mes mains dans les braises." Aurélie Menaldo

"Ô bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits

 Pour un coeur qui s'ennuie

Ô le chant de la pluie"

Lovée dans un châle tricoté main, dans un fauteuil recouvert d'un plaid écossais, elle contemple la danse des flammes.

Le livre a glissé sur ses genoux.

Le crépitement de la braise endort toutes sensations hormis le plaisir de l'instant. Par moment la bise rabat les flammes du foyer, un tournoiement d'étincelles illumine la pièce noyée de pénombre.

S'endormir la joue rougie, les yeux plongés dans le souvenir ancestral de la tribu resserrée autour d'un foyer où grésillent encore des gouttes de graisse libérées du gibier embroché.

Sécurité.... Chaleur rassurante...  Bien-être....

Riches heures au coin de l'âtre....   "        Marie-Pascale Saillet

" Feu follet, foyer famille...

   Eternelles étincelles

   Univers ultime... " Marie-Pascale Saillet

"Flamme numérique

Etincelle mortelle

Unique/ Universalité de la chaleur" Vanessa

 

 

 

 

 

 

 

 

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