Atelier écriture autour de l'exposition "Pourquoi je suis tout bleu"

1ère consigne : Raconter rapidement un événement de votre matinée, votre humeur ici et maintenant, lui donner une couleur et terminer votre texte par " et c'est pourquoi je suis tout (bleu) "

"Ce matin, grand bleu sur mon été. Soleil radieux pénétrant la maison, le dalhia rose-fuchsia finit de s'épanouir. Pourtant en moi, une appréhension orangée vrille un coin de mon cerveau, un petit nuage d'orage mauve qui ne veut pas se montrer mais qui s'est installé auprès de mon coeur et ne veut pas éclater. La grande question : mon atelier va-t-il plaire aux participants ? Seront-ils nombreux ? Tout se mélange dans mon ciel où bourgeonnent des nuages camaïeu de gris.... Et c'est pourquoi, à l'instar de mon âme, je suis gris perle d'eau de pluie...." Marie-Pascale

 

"Il fait chaud. Il fait terriblement chaud et ça dure. Quand il fait chaud, la colle, elle colle. Elle colle trop et d’un coup. Tu enduis, tu places et tu ne rajustes pas, tu ne peux pas.

Voilà donc que ce matin chaleur, je me donne de la peine, je décide de coller une vache jersiaise sur un carton. Une belle vache, bien dessinée, avec tout autour de la bête des sigles jaunes radioactifs. Je colle la vache et PAF ! La colle prend sur le champ. L’emplacement n’est pas juste, je m’affole, je veux ôter la vache, la décoller pour la mieux replacer. La colle est sur mon doigt et CRAC ! L’immonde, l’irréparable, l’horrible se produit. Une tache noircit ma vache toute radioactive. L’horreur sans nom de ce matin chaleur. Je tente, je récupère, je gratte, je mouille. Rien n’y fait, rien ne vient. La tache est là, enlaidissant la vache sur son carton.

Soudaine est la lumière ! J'engage l'ultime action. Celle de repeindre la tache de colle en rose. Comme ça, na ! La vache radioactive s’en va direct chez le boucher. Et cela me met dans une humeur rouge-rose-écarlate de la voir ainsi partir. Mon cœur se serre et revêt un crêpe rose-boucher tout au long de la journée." Natacha

 

"Une belle journée encore aujourd’hui. J’ai décidé de laisser soucis, travail, enfants de côté pour quelques heures. Eh oui ! je vois la vie en rose, un rose pâle pas trop voyant, discret. Juste ce qu’il faut pour me sentir bien et passer un après-midi à rêver, écrire et admirer les belles choses qui m’entourent.

« Pourquoi je suis toute rose » ?

C’est juste beau d’être là ! Faire une parenthèse, prendre le temps de regarder autour de soi. Se poser devant ces créations surprenantes à la Villa du Parc sans poser de questions ni essayer de trouver des réponses, juste savourer. " Malika

 

" Entre présent et passé ,

entre montagne et océan,

mon esprit peine à se retrouver,

se livrant aux chimères d'un ailleurs,

délivrant repos en mon cœur.

L'âme entre 2 états d'être,

siffle son besoin de paix.

Et c'est pourquoi je cherche ma couleur " Nadia

 

 2ème consigne : 3 tentures = 3 questions pour passer de l'autre côté du miroir : - Où va la lumière après m'avoir traversé ? - Où se cache mon âme quand je me regarde dans le miroir ? - Pourquoi le ciel est bleu ?

" La lumière me traverse et séduite par ce qu'elle a rencontré, rebrousse chemin et revient me faire un brin de cour. Elle me conte fleurette, s'approche pas à pas du secret de mon âme. La lumière récupère en moi une belle énergie et enivrée par mes attentions à son égard, elle repart en chantant tout au long des chemins, y diffuse sa beauté. Puis rassurée, elle revient se poser à mes côtés jusqu'à demain. " Marie-Pascale

" Mon âme n'est pas très farouche, elle aime à se montrer à ceux qui partagent ses secrets. Devant le miroir, sous mon regard, elle quitte un à un, les sept voiles qui la recouvrent et se met à danser, à scintiller. Puis, coquine, elle glisse derrière le miroir et contemple, amusée, mes yeux inquiets de l'avoir ainsi perdue. A l'apaisement de mon coeur, je sais qu'elle est rentrée en sa demeure.... Pourtant, je n'arrive jamais à la surprendre quand elle se glisse en son nid. " Marie-Pascale

" Et pourquoi pas ? " Marie-Pascale

 

" Azur. Le ciel est bleu d’azur mais pourquoi ?

Je m’interroge, je me questionne, j’agite le neurone isolé pour qu’il veuille bien répondre. Je me connecte, les pieds en terre, bien ancrés, la tête au ciel consultant l’étoile. La colonne tellurique se met en branle. Marche-t-elle ? Entrevois-je quelque chose, une réponse, parmi les cieux ? Au travers des nuées ?

Le ciel est bleu. Mais oui, mais c’est bien sûr. Il est bleu de la lumière qui me traverse. Et si le ciel est tant bleu, c’est que mon corps stoppe, capture et s’illumine de toutes les ondes de lumière, de tout le spectre chromatique… Sauf le bleu. Je suis donc un mélange spectral de jaune-magenta en couleur lumière. Une maronnasse tirant sur le vert en couleur matière. Dans mon miroir brille et scintille le spectre de tout son feu. Et ton âme, crie le miroir ? Elle ne veut pas avoir affaire aux Schtroumpfs en colère qui hantent les ventres dans la salle de la Villa. Invisible, mon âme frissonne jusqu’à grossir en vent d’Autan quand l’œil tente de l’entrapercevoir." Natacha

 

" Où vas-tu lumière après m'avoir traversé ?

Je crois que tu tombes d'abord épuisée, puis te ressources doucement,

tu t'autogénères et te relèves, t'offres alors à d'autres.

Tu donnes, réchauffes, éclaires et apaises d'autres gestes, d'autres lieux, d'autres envies." Nadia

 

" Où se cache mon âme quand je regarde dans le miroir ?

Mon âme sûrement se cache au-delà du présent, au-delà du passé, loin de l'avenir.

Une sorte de néant léger, une apesanteur. " Nadia

 

" Pourquoi le ciel est bleu ?

Le ciel est bleu parce que là-bas, il y a l'océan, parce qu'il cherche à respirer comme lui.

Alors que j'ai encore le corps et l'âme imprégnée, je clame sans hésitation :

« Ce qui me nourrit sans aucun doute ce sont ses rivages, ses parfums, ses eaux agitées.

Sa puissante respiration qui dévoile de nouvelle terre puis les cache en rythmes lents.

C'est l'infini dans les grains de son sable,

le temps qui s'arrête lorsque je suis à ses cotés.

Ce qui me nourrit sans aucun doute et assurément toujours :

CE BERCEAU DE VIE QUE L'ON NOMME OCEAN." Nadia

 

3ème consigne : Ecrire un texte dont le titre est "Grosse lassitude". 3 paragraphes dont 1 ou 2 commencent par "Et un autre oiseau s'avança..." Et qui contient les mots : ici, là, ennui, souplesse, soupiro, malade.... On peut rajouter : tartare de saumon, bam-bam-bam, clac....

"Malade, j'étais malade. La tête embrumée, le coeur chaviré, des frissons vrillaient mon estomac nauséeux. Ici, dans cette chambre de souffrance où mon corps gisait écrasé, des musiciens battaient tambour sous mon crâne, des Schtroumpfs centaures se battaient, s'ébattaient sous le regard transparent d'un lapin qui soupirait après sa chance. Ma soeur faisait preuve d'une grande souplesse là où je n'étais que fatigue et mollesse.....

Un frisson me plongea dans un autre songe où des éléphants portaient des bambins jouant avec des oiseaux multicolores. Un canard nageait au loin traînant son ennui sur un lac incertain, des oiseaux inconnus soulevaient le pied de danseurs qui se trémoussaient au rythme d'entêtantes percussions Bam-bam-bam....

Et un autre oiseau s'avança, oiseau siffleur, oiseau centaure, il agitait des ailes d'une envergure folle qui battaient le rythme de mon pouls....

Un coup frappé à la porte, le pêne qui retombe "clac". Ma mère est entrée portant, sur un plateau d'argent, un tartare de saumon." Marie-Pascale

 

"Ou grosse fatigue…

Et un autre oiseau s’avança. Noir corbeau, à gros bec. Crochu par-ci, crochu par-là. Le ventre rempli, nourri des Schtroumpfs bleus de mon enfance. D’un coup d’aile à plumes, mon enfance s’envola. CLAC, la claque ! L’insouciance s’immola de reste. L’oiseau était triste et de bien triste augure. Il annonçait la fin. La vraie, la définitive, la durable. La fin d’un monde. Soupirs.

Et un autre oiseau s’avança, malade. La grippe bien sûr, H5N1 et les différents N qui s’ensuivront, l’avait atteint. L’oiseau grippé n’était pas seul. Un petit lapin l’accompagnait. Un lapin non pas vert fluo comme dans le roman de Cadiot, mais un petit lapin dessiné au trait, tremblotant, blotti d’ennui dans un monde fini. Sa patte avant difforme ressemblait à un attribut sexuel masculin mal dégrossi. La patte pesait dans un coin. L’augure était bien triste. Le monde est sans souplesse, s’égosillait l’enfance qui s’en était allée. Le monde annonce de bien dures années.

À force de consommation outrancière et de tartares de saumon génétiquement modifié, l’homme adulte était cuit. Mariné dans l’eau tiède. Comme les saumons transformés qui venaient de s’échapper de leur enclos d’élevage. Interspécifiques… Et c’est bien fait. Bam bam bam la guerre, bam bam bam les surenchères, bam bam bam l’humain. Il s’est éteint." Natacha

 

"Grosse Lassitude : 

Par moment je me lasse.  Je ne sais pas comment vous l’expliquer, ce n’est pas que je m’ennuie, mais je n’arrive pas à avancer. Toutes les occasions sont bonnes pour fuir, me lancer, réaliser ce projet ancré en moi.   

Par hasard auriez-vous la réponse ? Quelque chose me freine, m’empêche de refaire ce puzzle dont j’ai toutes les pièces. Tout a été réfléchi longuement, je sais exactement où mettre chaque pièce, dans quel sens les placer les unes après les autres : ici les personnages, là le décor, le scénario répété et corrigé maintes fois !

Le déclic ? J’ai eu un déclic un court instant mais il fut très éphémère et s’est envolé avant que j’eu le temps de l’apprivoiser. Mais depuis, je me lasse avec plus de souplesse, moins de colère. J’attends toujours qu’un autre oiseau sauvage arrive, me fasse mal, me transperce pour me sortir de cette bulle où je me suis blottie. " Malika               

" Un soupir ou une grande inspiration, je ne sais plus,

GROSSES lassitudes...

Loin de l'ennui je cherche ici et là, je ressens,

GROSSES lassitudes...

Je suis pas malade, enfin, je crois...

Encore un soupir ou une grande inspiration,

GROSSES lassitudes...

Ah ! J'ai oublié, en plus, un autre oiseau s'avance...

BAM BAM BAM BAM et BIM !!

Je mangerai bien une tarte au saumon.

Je suis pas malade, enfin, je crois...

Non !?

GROSSES lassitudes..." Nadia